HISTOIRES ANCIENNES

La mère de saint Vincent de Paul, Bertrande de Moras, était d’une famille de robe, les Moras, De Moras, ou Du Morar.

Ils avaient des maisons à Dax, une maison de maître à Pouy, non loin de l’église, qui existe encore, très peu réhabilitée il faut bien noter qu’alors, en France et en Savoie, dans tous les milieux, les femmes mariées gardaient leur nom de jeune fille, jamais celui du mari.

La mère de Saint Vincent ne s’appelait pas Bertrande de Paul. Les de Moras avaient surtout un domaine à une vingtaine de kilomètres au sud de Dax, sur la paroisse d’Orthevielle, la Caverie Peyrous et, juste à côté, les métairies du quartier Moras.

Le terme de “Caverie” n’a rien à voir avec une “cave”; cavier, “cabier”, est, selon une hypothèse vraisemblable, un dérivé de “caballero”, “chevalier”, “cavalier”.

C’est-à-dire le dernier degré de la noblesse, n’ayant pas de vassal ni, en principe, le droit de percevoir des “cens” ou redevances, mais à qui la fonction de garant de l’ordre et de la sécurité donnait le droit d’avoir un cheval.

Cette partie des Landes était rattachée au Béarn depuis 1240, mais aussi à l’Albret et par eux, à la Navarre et à l’Aragon, même sous la mouvance anglaise, et le droit, comme en Navarre, Aragon et Béarn accordait cette noblesse à la terre, non aux personnes :

Une Caverie était une terre noble, libre, non astreinte à redevance, mais seul son propriétaire devenait “cavier”, pas le reste de la famille, et il perdait cette qualité s’il vendait la terre tout comme le nouvel acheteur devenait cavier. 

Le grand-père de Vincent, puis son oncle Jacques, furent caviers de Peyroux, pas sa grand-mère, ni sa mère ni ses oncles. Ils tenaient en même temps l’exploitation agricole voisine, Moras (souvenir des Maures qui ont occupé une grande partie du sud de la France), d’où le nom de De Moras, ou Du Morar.

Les de Moras avaient aussi la maison Moras au village de Pouy.

Bertrande de Moras a dû vivre son enfance à Peyrous, avec des séjours à la maison Moras de Pouy, qui lui fut peut-être léguée en héritage. Une fois mariée, elle habita Ranquine, propriété de son mari. Une fois veuve et Vincent au loin, on ne sait plus rien d’elle; la lettre que Vincent lui écrivit le 17 février 1610 n’existe plus qu’en copie.


Quant à Vincent, tout en résidant principalement chez ses parents, tout porte à croire qu’il faisait des séjours chez les grands-parents, à Peyrous, où il a pu aussi apprendre à lire et s’initier au droit et aux procédures, en quoi il fut expert dès sa jeunesse et toute sa vie.


Il y a aussi appris à aller à cheval, les cultivateurs n’avaient que des bœufs ;  il était un excellent cavalier, et a raconté dans ses lettres toute son équipée de Paris à Richelieu, en plein hiver de février – mars 1649.

Il allait à la Messe avec ses grands parents à l’église d’Orthevielle, à environ deux kilomètres et demi. Cette église existe encore, peu modifiée. D’Orthevielle il descendait rejoindre les Barthes des Gaves Réunis, où il allait faire paître les troupeaux de la famille, au pied du château Montgaillard, «Je le connais bien, j'ai gardé les bestiaux dans ma jeunesse et je les menais de ce côté-là.»

La paroisse d’Orthevielle

C’était la paroisse des grands parents, elle fut donc aussi celle de Vincent durant ses séjours.


Elle relevait, comme Bidache, de l’Évêché de Dax, et faisait partie du Vicomté d’Orthe, élément de la Principauté - Comté de Gramont, à Bidache.


Durant l’enfance et la jeunesse de Vincent, le Comte était une femme, Diane d’Andouins, surnommée “la belle Corisande”, veuve à 26 ans de Philibert de Gramont, en 1580, une des maîtresses d’Henri IV; elle laissa le Comté à son fils Antoine II en 1601.


Par son grand-père et ses oncles, le jeune Vincent entendit certainement parler de ces grands nobles, et eut peut-être l’occasion de les rencontrer, voire fréquenter, comment autrement expliquer que dès 16 ans il fut tonsuré à Bidache par l’évêque de Tarbes, lié aux Gramont ? et en fin 1608 – 1609, une fois à Paris, en lien avec Henri IV et nommé parmi les aumôniers, distributeurs d’aumônes, de la reine Margot.

 
L’Église Saint-Pierre (comme celle de Pouy) est du XVI° siècle; à la différence de celle de Pouy, c’est encore celle où Vincent vint prier. On peut y remarquer une statue fort rare de Vincent: il est avec un petit pauvre, certes, mais il lui tend un pain.

La Caverie d’Orthevielle s’appelle “le château Montgaillard”.

Vincent de Paul  1581 - 1660